..Bonne fête Maman..

Je suis  maman depuis déjà 4 ans..Maman comblée jour après jour par la « petite grande » fille que tu deviens, par cet amour si fort qui nous unit, par tes sourires du matin jusqu’au soir, par tes mots doux chuchotés à nos oreilles, par ta douceur, par tes phrases rigolotes, par tes goûts qui s’affirment, par la couleur de tes yeux, par tes bras autour de nos cous, par ta présence chaque minutes. Ce lien entre nous est fort, trop fort peut-être? Je ne suis pas sûr de faire comme il faut, pas certaine de t’aimer trop, j’espère ne pas t’étouffer, je souhaite juste être présente, toujours, il faut trouver l’équilibre, la juste mesure.. DSC_0036 Un peu, beaucoup, je t’aime à la folie un point c’est tout, un amour comme on en a pas conscience tant que l’on a pas donné la vie.. Tu es venue au monde  un lundi 2 mai 2011 (Pour souvenir).

Nous avons pris notre envol vers une vie à trois un mois plus tard. Tu as passé un mois à te battre, tu es née un peu trop tôt, tu n’as pas toujours su respirer seule, tu as fais de nombreuses désaturations (ton oxygène dans ton sang chutait sans raisons..) tu devenais grise, ton tout petit corps a été lié à des électrodes pendant plusieurs semaines, il a fallu surveiller ton poids, te peser chaque jours, te peser avant de manger, te peser après, t’apprendre à manger au gramme près. Certains jours tu réussissais à prendre le sein, d’autres plus du tout, on a donc décidé que je te donnerai mon lait peu importe la manière..Quand tu étais assez réveillée je tentais de t’allaiter, quand à cause des traitements tu étais trop fatiguée, les infirmières faisaient passer le lait par une sonde accrochée avec un énorme scotch sur ta minuscule joue de bébé (sonde que tu as d’ailleurs arraché plusieurs fois pour notre plus grand bonheur, comme pour nous prouver ta force d’y arriver seule..)

Après un accouchement et quelque soit la situation, on est autorisé à rester 15 jours maximum en service de maternité, j’ai profité du maximum pour ne pas te laisser seule, pour ne pas rentrer à la maison sans toi. Ces 15 jours ont été ponctués d’allers-retours, il a fallu être forte, autant de marche juste après une cesarienne n’est normalement pas conseillé, au point que lorsque les médecins m’ont autorisé à monter te voir ils m’y ont conduit en fauteuil roulant, je l’ai très vite abandonné..

Je me suis posée beaucoup de questions, mais même à bout de fatigue après un mois passé dans cet hôpital il a fallu aller de l’avant. Les infirmières m’ont souvent croisé en pleine nuit, je tirais mon lait et  comme toutes les mamans dans mon cas, j’allais le déposer à sa place dans le frigo du service de soins intensifs. Je voulais que tu aies toujours de quoi manger, je voulais faire le plus possible pour t’aider à y arriver..le téléphone de ma chambre sonnait dès que tu te réveillais, autant dire très souvent, en journée comme au beau milieu de la nuit.Papa a du reprendre le travail assez vite, il venait dès qu’il le pouvait et le plus longtemps possible, toujours en jonglant avec la maison, le quotidien.. DSC_0020 Un samedi matin, une infirmière est venue m’expliquer que faute de place (et puisque les deux semaines en maternité s’achevaient) je devais libérer la chambre pour la fin de journée. J’ai appelé papa, j’ai réunis mes affaires, tes nombreux cadeaux, ce départ sans toi nous a déchiré le coeur, je suis rentrée à la maison après 1 mois et demi passé ici, j’ai eu l’impression de redécouvrir la ville, je n’ai jamais trouvé le sommeil..

Le lendemain matin notre premier geste a été d’appeler les infirmières pour savoir comment s’était passée ta nuit, pour leurs dire que je faisais au plus vite pour arriver le plus rapidement. Nous sommes restés à tes côtés chaque journées, chaque minutes,  ce service de néonat est devenu comme une seconde maison, j’arrivais le plus tôt possible le matin, papa nous rejoignait le plus vite, le plus souvent et le plus longtemps possible, on a partagé beaucoup de temps à deux, toi et moi, toi et papa, peu de temps à trois, il fallait que chacun trouve ses marques dans ce drôle d’univers..Des soins, des médecins, des protocoles, des règles à respecter, peu de visites de la famille, peu de temps pour rien.

Cette chambre 305 est vite devenu notre refuge, je t’y ai raconté des histoires, murmuré des berceuses, j’y ai appris à être moins pudique (même si un mois passé juste avant en service de grossesse pathologique m’avait bien entraîné !) il a fallu que je tire mon lait toutes les trois heures, peu importe le moment, l’endroit, personnel soignant présent ou non, pas de répit pour te permettre de prendre du poids et de grandir. Dans ta chambre avec papa on a mangé d’ENORME cookies (devenus addict, à chaque passage à l’hôpital depuis c’est le rituel, pour le souvenir..) on t’as donné deux bains, un vrai plaisir à chaque fois même si c’était très rapide, on ne pouvait pas  débrancher tes électrodes trop longtemps, on l’avait aussi un  peu décoré avec des photos de nous, de Djaz ton papy chien et de Bamboo chat. DSC_0045 On a appris à devenir parents, on a appris à prendre soins d’un tout petit bébé, on a appris à ne pas avoir peur, à s’occuper de toi en douceur, on a découvert le peau à peau et les longues siestes en têtes à têtes, on a découvert cet univers médical, on a appris à faire confiance, on a appris à prendre sur nous quand parfois on avait envie d’hurler de tout arrêter, on a espéré beaucoup, on a du être patient quand on était pas autorisé à assister à certains examens ou quand on devait attendre à l’extérieur de la chambre plus de deux heures sans savoir ce que les médecin te faisaient endurer…

Te retrouver chaque jour était un plaisir immense, on ne savait jamais comment on allait te trouver, réveillée ou pas. Tu as beaucoup dormi, les traitements que les médecins ont voulu mettre en place t’ont très vite assommé, à chaque passage ou presque de  Mounette et de Mamie  tu dormais, tout le monde se demandais à quoi tu ressemblais éveillée..Chaque matin, à notre réveil, on prenait de tes nouvelles, savoir comment avait été la nuit, savoir si tu avais réussi à manger un peu, si tu avais réussi à garder ce que tu avais avalé, si tu n’avais pas tout régurgité. Tu as régurgité longtemps, même une fois rentrée à la maison, à chaque biberon que l’on te donnait  il fallait patienter 20 minutes avant de pouvoir te remettre en position allongée, avec papa on t’appelait « Notre petite fabrique à fromages »!!

Tu as été un amour de petite fille, toute petite, en body, on a  commencé à t’habiller seulement après trois semaines, on t’a enfin découvert en pyjama, un peu plus ronde, plus belle encore..Trois jours avant de savoir qu’on allait enfin être « Libérées, délivrées »,  les médecins nous ont expliqué que tu allais mieux, que l’on allait tenter de de te passer en soins classiques, plus d’électrodes, plus de machines, plus de sons inquiétants, entêtants.. DSC_0026 Les médecins m’ont aussi expliqué qu’il serait bénéfique que je revienne passer les nuits à tes côtés, il fallait que les infirmières s’assurent du bon rythme de tes repas, s’assurer que tu mangeais suffisamment souvent et en quantité convenable. Une infirmière passait donc frapper à la porte de notre chambre en pleine nuit avec un planning ultra précis, insupportable ! J’ai passé ma toute première fête des mères à tes côtés, à ton chevet, à t’encourager, à t’embrasser, à patienter, à rêver à une sortie toute proche..

On a embrassé le vent, le soleil, on s’est laissé porter par le bonheur, on le croyait loin, on pensait devoir attendre encore, ce 2 juin 2011 à 12:46 on a passé cette porte, on a tout emporté, tes affaires, les souvenirs, le stock de lait (j’avais bien travaillé..) et on a filé tous les trois vers une vie toute simple, à la maison, en famille, on ne demandait rien de plus, juste vivre ensemble un joli quotidien.. DSC_0278 Après tous ces moments passés, après avoir douté en quantité, après t’avoir fait subir des batteries d’examens, après avoir cru très fort en toi..Aujourd’hui j’ai envie de dire merci à la vie, j’ai envie de rire chaque jour même s’il pleut, de m’émerveiller des choses toutes simples, de ne plus râler autant, de voir la vie du bon côté, de faire plaisir, d’aimer très fort, de profiter de toi le plus possible, de t’accompagner, de t’aider à bien grandir, bien te construire, tu me remplie de bonheur un peu plus et encore..

4 ans déjà, je n’ai rien oublié, j’ai l’impression que c’était hier, je n’en garde aucun mauvais souvenirs.. Je t’aime ma douce petite grande fille.. CSC_0338 Love, Love Téa June..

Maman.

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