.. Du courage, encore plus fort ..

23 août, premier dimanche en solo. Une semaine que ma vie s’est transformée, une semaine que je vis une tempête. Il y a une semaine la moitié qui partage ma vie, notre vie, a décidé de vivre sans nous..Je m’y attendais, c’était un peu prévisible, depuis quelques mois déjà nous avions eu des discussions qui laissaient  penser qu’il n’était pas heureux à nos côtés..

Pourquoi? Je me suis posée beaucoup de questions, j’ai retourné la situation dans tous les sens, j’ai tenté de me remettre en question, encore..

J’ai passé une semaine à réfléchir,  j’ai pleuré, j’ai du expliquer à notre entourage..Comprendre et expliquer mais sans vraiment savoir.

J’ai passé une semaine avec notre poupée, notre papy chien, Bamboo chat..j’ai tenté d’apaiser Téa, ses craintes, ses angoisses. J’ai tenté d’expliquer au mieux, j’ai essayé de faire le maximum, je l’ai fait rire alors qu’au fond mon coeur était en larme..On s’est fait des tas de câlins, on a fait des crêpes à 21:00, on a fait des colliers, des dessins, on a mangé plein de bonbons, on a finis ensemble nos nuits..On a tenté de combler un manque..

Elle m’a souvent demandé si j’étais triste, avec pudeur, je lui ai répondu plusieurs fois que oui. Elle m’a demandé pourquoi? J’ai tenté de lui expliquer avec des mots simples..Elle m’a souvent dit « qu’elle » n’était pas triste..

Dès qu’elle voyait mes larmes s’apaiser, elle me disait : « Tu vois maman, t’es plus triste là ». Elle m’a souvent demandé au moment du coucher : « Pourquoi papa veut aller dans une autre maison? ». « Pourquoi il peut pas venir pour le câlin? ». « Je m’ennui que avec toi ». « Avant, papa il voulait pas aller dans une autre maison ! »..

J’ai écouté beaucoup de musique, il a fait beau, j’ai reçu beaucoup de messages de soutien et ma tête a beaucoup travaillé la nuit..

Il y a quelques temps j’écrivais « J’ai compris », compris que la vie n’était pas simple, pas rose tous les jours, pas la même pour tout le monde..La vie m’a appris par les malheurs que j’ai rencontré, à me relever, chaque fois plus forte, avec encore plus de courage et d’envie de faire différent, mieux..Cette force et ce courage m’ont aidé à traverser des choses pas simples, cette force m’a donné l’envie de déplacer des montagnes, à chaque fois un peu plus..Pour moi, pour nous, notre couple, pour notre histoire, pour notre poupée Téa..

Je prend conscience aujourd’hui que chacun est différent, que chacun ressent et vit les événements d’une manière différente et pas au même moment..Je prend conscience que quoi qu’il arrive j’arriverai à me relever, je suis pleine de ressource et Téa est ma pépite, mon bijoux, je veux son bonheur à vie..Je veux qu’elle comprenne que la vie est comme ça, pleine d’imprévu, que l’on ne choisit pas toujours, que tout n’est pas simple, que les échecs font avancer, que l’on a qu’une seule vie, que c’est maintenant, chaque jour qu’il faut vivre, profiter, ne pas se plaindre, savourer tous les minis bonheurs du quotidien.. Je veux que pour plus tard, elle comprenne que peu importe les choix qu’elle fera (bon ou mauvais) ça ne l’empêchera pas d’avancer, d’être épanouie et heureuse..

En une semaine j’ai lu, beaucoup, j’ai voulu comprendre, j’ai compris que je n’y pouvais plus grand chose, j’ai fait beaucoup, trop peut-être, j’ai fait comme je pensais être le meilleur pour tout le monde mais peut-être pas au bon moment, peut-être trop tard..

A vouloir trop bien faire, je me suis mise de côté, je n’ai plus pensé à moi, à ce que j’aime, ce que je n’aime pas..Je me suis oubliée. Si je l’ai fait c’est que j’avais l’envie et les ressources pour. Pendant des années j’ai tenté de donner le maximum, le plus possible, j’ai tenté de faire comprendre, de donner envie d’avancer, de trouver des compromis..Je l’ai fait avec beaucoup d’amour, parce que j’y croyais très très fort..Je l’ai fait mais la personne que j’avais en face de moi, qui vivait à mes côtés n’a pas su les voir, un mal-être trop présent pour ouvrir les yeux..

Je me suis essoufflée, j’ai manqué d’envie, j’ai gâché trop de moment qui aurait pu être heureux..Lui a relevé la tête, un peu..Il a tenté des choses à son tour, pour me faire comprendre..Je ne pouvais plus voir, fatiguée par les années précédentes, par cette sensation d’être seule à porter notre histoire..Aujourd’hui, après 20 ans à ses côtés je comprends, difficilement, j’accuse le coup, mais je réalise que nous avons chacun, dans nos vies respectives, vécu des choses difficiles, chacun notre tour, pas au même moment, on a toujours été très attachés, seulement chaque individu se remet et se relève à son rythme et à sa manière. Aujourd’hui je comprends que l’on a vécu en parallèle pendant des années sans jamais réussir à se retrouver..

A un moment de ma vie, de notre histoire j’ai ressenti ce manque d’action, cette impression d’être spectatrice d’une vie qui passe sans que l’on ne contrôle rien ou pas grand chose..J’ai mis du temps à m’en rendre compte, beaucoup de temps, trop peut-être. Je pense que le décès de mon père, il y a bientôt 5 ans m’a fait réaliser qu’il fallait réagir.. J’ai eu moi aussi cette sensation d’avoir gâché trop de temps, d’années même. des regrets j’en ai eu, juste d’avoir perdu trop de temps, de ne pas avoir vu, de ne pas avoir su profiter, de ne pas avoir été à la hauteur des attentes de la personne qui partageait ma vie,  de ne pas avoir su être heureuse et rendre heureux..Je me suis rendu compte de tout ça au fil des années, du temps, du quotidien, je m’en suis rendu compte et j’ai eu envie de tout plaquer, plusieurs fois..

Et puis le déclic s’est fait, je ne saurai pas dire quand? Pourquoi? A cause de quoi? Grâce à qui?

Ce que je sais, c’est que depuis cette période, ce moment de ma vie (assez récent) j’essai chaque jour de faire et de voir le bonheur autour de moi, parce que l’on est sur terre mais pas à vie..Parce qu’il faut profiter de tout, des petits et grands bonheurs, que si des malheurs se présentent (et il y en aura d’autres)il faut prendre le positif et laisser le négatif, il faut réussir à penser au présent, à laisser le passé et à s’imaginer un tout petit peu demain. Parce que demain je peux mourir, parce que Téa demain peut mourir, parce que juste vivre ça ne suffit pas, plus. Il faut trouver la magie en chaque chose, en chaque personne..Parce que la vie est belle, seule et unique..Oui mais voilà, le temps a fait son travail, pas assez vite, il est trop tard..

Alors oui, certaine personne diront que la vie sans trop de moyen, d’argent, c’est pas aussi facile et joli..C’est certain, la vie serait tellement plus belle avec plein d’argent, on pourrait faire ce que l’on veut, voyager toute l’année, s’offrir tout ce que l’on désire..Nous n’aurions alors pas cette morosité du quotidien.. Alors oui, moi aussi je me suis dit ça, certaine fois, souvent, mais il faut réussir à prendre le temps, observer, se rendre compte du bonheur qui est à notre portée, le bonheur d’une famille, d’un enfant, d’un être aimé, complice, aimant, du partage..Il faut profiter du peu de chose que l’on a de joli et d’heureux, plutôt que d’espérer, d’attendre mieux et différent..

Il faut arrêter d’avoir ce sentiment de subir notre existence, avoir ce déclic et devenir acteur de notre vie..Il faut « faire avec », c’est une des clefs, une des issues possibles pour être enfin heureux. La vie est difficile, imparfaite, indomptable..Il faut arrêter de se plaindre, de vouloir que les choses ou les gens soient autrement..Il faut vivre ici et maintenant..

On aura beau être entouré, si l’on a décidé de ne pas être heureux, c’est un choix, personne autour n’y pourra rien, même en dépensant une énergie folle, même en aimant très fort..

On ne devient véritablement acteur que lorsque l’on accepte de prendre la pleine responsabilité de son existence, lorsque l’on cesse d’attribuer son mal-être aux autres, au passé, aux circonstances extérieures et que l’on devient capable de lutter contre la force d’inertie qui est en nous.

On a beau le savoir, l’avoir entendu dire mille fois, il faut le redécouvrir par soi-même pour que ce principe prenne sens. Souvent, l’acceptation de cette responsabilité passe par la dépression, le vide de la solitude et la prise de conscience.

Il ne s’agit pas d’avoir une vie extraordinaire, mais juste de pouvoir ressentir que la vie que l’on mène, si elle paraît banale aux yeux des autres, est bien sa vie à soi.

Devenir acteur de sa vie, devenir adulte, c’est accepter de s’inscrire dans la durée.

Croire que l’on peut tout avoir tout de suite est une pensée infantile, qui nous décourage trop souvent de tenter.

Si l’on décide que notre vie ne sera de toute façon pas heureuse, on trouvera toujours des excuses pour ne pas avancer, ne pas s’engager… On tentera des choses, rencontrer de nouvelles personnes en prétextant que c’est notre vie actuelle qui n’est pas belle et que la nouveauté fera le reste..Mais comment rendre heureux si l’on n’est pas heureux soi même..

Aujourd’hui j’ai compris..J’ai compris que parce que j’avais décidé d’être heureuse, je le serai quoi qu’il arrive, peut importe que je sois seule ou en couple, la vie est belle, je vais avoir 35 ans dans quelques jours, j’ai une jolie poupée à mes côtés « presque » chaque jour, j’ai encore de belles années devant moi, je vais tenter de réaliser des choses, des rêves, ( bien entendu à ma portée, réalisable, avec mes moyens, ne pas être trop exigeant avec soi même !).

J’aurai aimé réaliser tout ça avant, plus tôt, j’aurai aimé qu’il le réalise aussi, j’aurai aimé réussir à le lui faire réaliser..J’aurai aimé que l’on se rende compte de notre bonheur ensemble, au même moment..Réaliser que l’on est heureux seulement si on le décide, que la vie est belle si on le décide, qu’elle est précieuse, courte et unique..

Je n’ai pas de regrets, les échecs me font avancer, j’ai cette chance..

Aujourd’hui je retrouve le sourire petit à petit..

Certaine personne autour de nous ne comprendront peut-être pas, elles ne comprendront pas que l’on s’entende, que l’on échange, que l’on ne se hurle pas dessus, que je le comprenne, mais après autant d’années, après tout cet amour, très fort toujours (même si différent aujourd’hui), et parce que notre poupée Téa nous unis, je ne peux pas faire autrement..

Je vis cet événement malheureux comme une expérience de vie, j’en tirerai du positif c’est certain, j’ai envie de lui dire : « Va, Vis et Deviens »..

Téa me dit : « On est pas triste, hein maman ? »..Alors on se répète ensemble et en coeur : « On est pas triste et on est Courageuse »..

Les prochaines semaines, les prochains mois risquent tout de même de ne pas être simples.

J’arrive à comprendre beaucoup de choses, mais les comprendre ne soigne pas les blessures du jour au lendemain, il faudra du temps..

Ce temps est précieux, je vais faire en sorte que chaque jour soit une fête, pour Téa, pour nous..

LA VIE SE VIT AUJOURD’HUI..Encore plus qu’hier..

♥♥♥

Merci à toutes les courageuses et courageux de m’avoir lu jusqu’au bout..

 

 

 

 

 

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Un avis sur “.. Du courage, encore plus fort ..

  1. « Le trauma fracasse, c’est sa définition. Et la résilience qui permet de se remettre à vivre associe la souffrance avec le plaisir de triompher » B CYRULNIK Bravo ma sœur, tu es une magnifique personne et du haut de 35 ans, ta maturité et ta pleine de conscience de l’essence de la vie sont admirables. Une dernière « La résilience c’est l’art de naviguer dans les torrents »

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